02.01.2026 - Médiatic

Florence Berger, chargée de projet aux Services généraux immobiliers

Florence Berger, chargée de projet aux Services généraux immobiliers RTS © Jay Louvion

Florence Berger orchestre le déménagement des équipes vers le nouveau site RTS Lausanne-Ecublens. Entre logistique complexe, valorisation du patrimoine et découvertes inattendues, elle nous dévoile les coulisses de cette opération d’envergure qui marque un tournant pour la RTS.

En quoi consiste concrètement votre mandat ?
Il peut être divisé en deux parties : la première concerne le déménagement « pur », soit l’organisation du déplacement des équipes de la Sallaz et certaines de Genève vers Ecublens, en collaboration avec notre prestataire. Ce déménagement est organisé par vagues, en fonction des mises à l’antenne des différents programmes qui seront désormais diffusés depuis le nouveau site de production. Je suis chargée de la coordination et de la logistique, je m’assure donc que les inventaires sont faits, que les plannings sont prêts, que les équipes sont informées, qu’elles reçoivent le matériel dont elles ont besoin, et de plein d’autres subtilités. Ça comprend la livraison de cartons bien sûr, mais aussi la mise à disposition de bennes et parfois de choses bien plus complexes. Certaines opérations relèvent par exemple de la manutention lourde, comme le déménagement d’installations de cuisine, de coffres-forts, de solutions de rangement ou encore de machines mécaniques qui pèsent plusieurs centaines de kilos.

Une partie du matériel de la Sallaz est donc rapatrié sur le nouveau site de Lausanne-Ecublens ?
Exactement. Le mobilier de bureau est neuf, mais pour le reste on a récupéré beaucoup de choses, parmi lesquelles des outils de production, des chaises, des machines à cafés ou encore des choses plus spécifiques comme une boîte à clé pour les véhicules d’entreprise ou des systèmes de rayonnages mobiles, entre autres.

Vous avez évoqué un mandat en deux parties. En quoi consiste la deuxième ?
Elle consiste à vider et à démanteler le site de la Sallaz, dont l’État de Vaud est propriétaire et qui devra lui être remis après notre départ. Une fois toutes les affaires déménagées se pose la question des choses dont on n’a plus besoin et qu’on ne souhaite pas emmener à Ecublens. Il peut s’agir de mobilier de bureau, de matériel de production, d’affaires personnelles ou même d’un mini-tracteur qui était utilisé pour déblayer la neige. On se demande alors comment revaloriser ces objets lorsqu’ils n’ont plus forcément de valeur sur le marché, là où d’autres entreprises se débarrasseraient de ce dont elles n’ont plus besoin pour se simplifier la tâche. Il ne s’agit pas simplement pour la RTS d’éviter le plus possible de jeter pour des raisons écologiques, mais aussi de donner une seconde vie à des objets qui ont accompagné son évolution et celle de son personnel pendant toutes ces années.

Justement, avec près de 100 ans d’histoire, on doit forcément retrouver des choses improbables dans les placards. Vous avez des exemples ?
C’est sûr ! Il y a une dimension très « découverte archéologique » que j’aime beaucoup. Les coffres-forts que j’ai mentionnés plus tôt, dont l’un d’entre eux a été retrouvé dans les sous-sols, n’avaient pas été ouverts depuis de nombreuses années. Ils ne contenaient malheureusement pas d’argent. [rires] Je suis aussi tombée sur des objets que je n’avais jamais vus de ma vie, des anciens appareils radio, des vieilles tables de mixage qui fonctionnent encore. C’est génial de tomber sur des trésors comme ça, surtout entourée de collègues qui sont là depuis des décennies et qui peuvent m’expliquer que tel matériel était utilisé dans les années huitante, un autre dans les années nonante… C’est aussi ce côté historique qui me plaît.

Quel est votre défi principal ?
Ce qui est complexe, c’est de déménager par vagues et donc de devoir assurer l’exploitation partielle de deux bâtiments en même temps, ce qui soulève des questions de ressources notamment. Je pense aussi à toute la partie administrative, typiquement la résiliation des contrats de maintenance du site de la Sallaz dont les échéances n’arrivent pas toutes en même temps, les délais de préavis qui ne correspondent pas forcément à notre propre calendrier, ce genre de choses.

Si vous ne deviez retenir qu’une chose de ce déménagement, ce serait laquelle ?
Je dirais la dimension émotionnelle qui l’accompagne. Pour avoir coordonné d’autres déménagements avant celui-ci, les collaborateurs et collaboratrices sont particulièrement attaché.e.s au bâtiment de la Sallaz et à ce qu’il contient. C’est un lieu qui a une réelle âme après avoir été occupé des décennies par la même entreprise, on sent donc l’émotion à l’idée de le quitter mais aussi l’excitation de rejoindre un nouveau site moderne et innovant. C’est un chapitre qui se termine et un autre qui commence !

Par Lisa Prongué

Paru dans le magazine Médiatic 233 (décembre 2025)