Les statuts de la SSR Vaud prévoient la présence dans le comité d’un délégué désigné par le gouvernement cantonal, un siège vacant depuis quelques temps. Le Conseil d’Etat y a remédié récemment en désignant à cette fonction Laurence Jobin, cheffe du Bureau d’information et de communication de l’Etat de Vaud (BIC). Ses compétences seront précieuses pour le comité, qui se réjouit de l’accueillir. Quelques questions pour faire sa connaissance.
Laurence Jobin, quel est le parcours professionnel qui vous a conduit à votre fonction actuelle ?
J’ai fait des études de sciences politiques à Lausanne avec une idée bien précise en tête : devenir journaliste à la radio ! J’ai eu beaucoup de chance, puisque dans une période où les postes de journalistes stagiaires n’étaient pas légion, j’ai trouvé une place dans une radio régionale de l’Arc jurassien, RJB. J’y ai suivi une excellente formation dans une toute petite rédaction de quatre personnes, dont deux stagiaires. J’ai été engagée à la Radio Suisse Romande, la RTS aujourd’hui, juste à la fin de ma formation. J’y suis restée douze ans. Douze années passionnantes qui m’ont permis d’explorer différents rôles et types de journalisme : présentation, reportages, etc. Après plusieurs années de traitement de l’actualité, politique fédérale et cantonale, j’ai eu envie d’aller voir de l’intérieur comment les choses se passent. C’est comme cela que je suis entrée à l’Etat de Vaud, comme responsable de la communication dans un département, fonction que j’ai exercée durant neuf ans, avant de diriger le Bureau d’information et de communication de l’Etat de Vaud depuis 2022.
En quoi consiste votre travail, quels sont les défis que vous rencontrez ?
Le Bureau d’information et de communication est l’entité qui chapeaute la communication de l’Etat de Vaud. Nous sommes les diffuseurs sur les différents canaux de communication (communiqués de presse, réseaux sociaux, site internet), les garants de la cohérence des messages, comme de la ligne graphique. Nous jouons un rôle tant pour la communication externe que pour la communication interne. Nous apportons également un soutien à la communication pour les grands projets gouvernementaux. Le défi principal, pour la communication institutionnelle, est que tout va aujourd’hui très vite, notamment sur les réseaux sociaux. Nous devons sans cesse nous adapter aux évolutions afin de continuer à nous adresser à la population en étant vus comme la voie officielle, vérifiée et fiable.
Quelles sont vos habitudes de consommation de médias ?
Je suis une grande consommatrice de médias, et donc d’actualité. Depuis mon enfance, dans le canton du Jura, j’ai baigné dedans. Mes parents suivaient de près la politique en cette période de création du Canton. Nous avions toujours beaucoup de journaux à la maison, suisses et français, et la radio était allumée en continu. Du fait de mes fonctions actuelles, je me dois de suivre l’actualité et de rester informée. Je le fais donc sans effort.
De quelle manière envisagez-vous les SSR cantonales ?
Les SSR cantonales marquent l’ancrage de la SSR dans les cantons. Elles créent des liens entre la SSR et son public et doivent susciter le débat dans les régions.
Vous qui travaillez au sein d’un organisme public, de quelle façon voyez-vous l’apport des médias pour les citoyennes et les citoyens qui doivent se forger une opinion ?
Les médias jouent un rôle capital dans la formation de l’opinion et le débat démocratique. Du fait de leur pluralité, qui représente une richesse mise à mal aujourd’hui par les difficultés rencontrées par le secteur, ils nourrissent le débat public et contribuent à renforcer l’esprit critique des citoyennes et citoyens. Une information de qualité et vérifiée est, de plus, absolument indispensable pour lutter contre la désinformation et les fake news.
Par Florence Siegrist, SSR Vaud
Paru dans le magazine Médiatic 233 (décembre 2025)
