Chaque mois, le Conseil du public de la SSR Suisse Romande analyse les programmes de la RTS et formule des remarques à l’attention des professionnel.le.s qui les réalisent. Cet organe entend donner une voix au public romand et fait le pont entre la population et le média de service public. Explications.
Composé de 17 membres, le Conseil du public est une sorte d’observatoire chargé de passer sous la loupe le travail de la RTS. Il se veut représentatif de la population, avec des membres venu.e.s de tous les cantons romands et de diverses générations. «La SSR a une structure très démocratique», relève le président du Conseil du public, Jean-Raphaël Fontannaz, lequel précise que les personnes intéressées à rejoindre l’organe doivent passer une audition afin de s’assurer qu’elles disposent des connaissances et centres d’intérêt nécessaires pour donner leur avis sur les programmes de la RTS.
Car il n’est pas question de dire si on a personnellement apprécié ou non un programme. Au contraire, les avis subjectifs sont laissés de côté pour analyser objectivement les émissions, podcasts et autres séries produites par la RTS.
L’ambition du Conseil du public consiste à émettre un jugement argumenté et des recommandations qui seront utiles aux professionnel.le.s de la RTS. «Nous n’avons pas de pouvoir de décision – et c’est normal –, mais une capacité de proposition» admet Jean-Raphaël Fontannaz, qui estime que ces échanges sont particulièrement bénéfiques à la qualité des productions médiatiques.
Le Conseil du public se fait ainsi le relais entre le public et la RTS. En outre, les membres de la SSR Suisse Romande peuvent directement donner leur avis sur les programmes en cours d’analyse, via le site de l’association (page «Débats»).
Ces commentaires, positifs comme négatifs, figurent toujours dans les rapports publiés par les groupes de travail chargés de passer en revue les diverses productions. Un travail considérable, relève le président, car les membres écoutent ou visionnent scrupuleusement les contenus, parfois jusqu’à dix heures d’émissions, afin de se forger une opinion.
Parmi leurs autres fonctions, les membres du Conseil du public effectuent également une veille des émissions de la RTS, afin de pouvoir lui fournir un écho immédiat. «Dans ce rôle, nous sommes un peu la mouche du coche», image Jean-Raphaël Fontannaz.
Le Conseil du public, de même que l’organe de médiation de la SSR Suisse Romande, représente un outil indispensable pour s’assurer que le service public reste au plus proche des besoins et attentes de ses publics.
ENCADRE : PROGRAMMES ET SÉRIES ÉVALUÉS
Lors de ses deux dernières séances, le 15 décembre et le 12 janvier, le Conseil du public a examiné des productions RTS illustrant des approches contrastées de la fiction, de l’information et du débat. Espèce menacée a certes séduit par sa réalisation mais a peiné à trouver son public du fait d’un récit jugé trop dispersé, tandis que The Deal s’est imposé comme une réussite saluée, aussi à l’international, pour sa narration et sa portée géopolitique. Côté information, Tout un monde a été reconnue comme une référence, alors que le format Week-end a été jugé peu adapté au service public, ce qui a été bien entendu par les responsables de l’émission.
Par Nina Beuret
Paru dans le magazine Médiatic 234 (février 2026)
