08.06.2026 - Médiatic

Fact-checking : quand la RTS rend ses méthodes visibles

© RTS

À l’ère de la désinformation et d’une méfiance croissante envers les médias, la RTS joue la carte de la transparence et met en lumière ses techniques de fact-checking pour assurer une information neutre, factuelle et vérifiée.

Images truquées, vidéos sorties de leur contexte, faux témoignages : la désinformation n’a rien de nouveau, mais sa propagation s’est accélérée ces dernières années, notamment avec le développement de l’intelligence artificielle. Les réseaux sociaux, devenus pour beaucoup le premier moyen de s’informer, amplifient ce phénomène en permettant aux fakes news (réd. fausses informations) de circuler à une vitesse inédite.

Face à cette réalité, la vérification des faits n’est plus seulement une exigence déontologique mais une nécessité démocratique pour permettre au public de se repérer dans le flot d’informations qui lui parvient chaque jour. Si le travail de fond du fact-checking – croisement des sources, vérification des documents, recours aux expert.e.s – a toujours constitué le socle du journalisme, la RTS a franchi un pas supplémentaire ces dernières années en rendant ce processus visible à travers des formats dédiés. L’idée ? Exposer une démarche souvent invisible pour le public et lui fournir des outils concrets pour qu’il puisse évaluer la fiabilité de la démarche et de l’information délivrée.

Vraiment : enquêter avec la communauté

Depuis 2024, l’émission d’investigation Vraiment traque les publications mensongères, arnaques en ligne et autres fake news avec une particularité : inviter les internautes non seulement à suivre une enquête journalistique étape par étape, mais aussi à y participer. L’émission s’appuie sur une communauté de bénévoles intéressée par la recherche des faits, qu’elle forme aux méthodes de fact-checking. À chaque épisode, la journaliste Cécile Tran-Tien et son équipe filment toutes les démarches pour restituer fidèlement les étapes de l’enquête en toute transparence. À la clé, un reportage nuancé qui rend compte de la complexité du sujet et permet au public de se forger sa propre opinion.

FastCheck : vérifier vite, vérifier bien

Lancée en 2025, la capsule vidéo FastCheck propose une autre approche du fact-checking. En moins de trois minutes trente, la journaliste Hélène Joaquim part d’une rumeur ou d’une affirmation virale, la contextualise, décrypte, réfute et conclut en appliquant les standards journalistiques classiques, mais avec une narration dynamique et un langage direct adaptés aux réseaux sociaux. Comme avec Vraiment, le processus de vérification est transparent et insiste davantage sur la méthodologie, sans donner forcément une réponse en « oui » ou « non » pour laisser la place au public de se faire son propre avis.

Des ateliers pour former aux techniques de fact-checking

À la RTS, l’éducation aux médias passe aussi par les salles de classe. La journaliste Cécile Tran-Tien et le recherchiste Dimitri Zufferey se déplacent régulièrement dans les établissements scolaires pour animer des ateliers de fact-checking destinés principalement aux élèves des cycles d’orientation, soit entre 12 et 15 ans. L’objectif est de leur transmettre des techniques et des réflexes simples pour vérifier une information sur internet avant de la partager. Avec un message à la clé : ce travail ne requiert ni compétences techniques particulières ni accès à des outils sophistiqués mais juste un peu de temps, de bon sens et d’esprit critique.

Par Lisa Prongué

Cet article est paru dans le Médiatic 235 (mai 2026)